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2016
AVENIR PERSONNEL ENGAGÉ
Pierre-Luc Michel

École secondaire Gérard-Fillion
Commission scolaire Marie-Victorin





 
Pierre-Luc Michel

AVENIR PERSONNEL ENGAGÉ



Pierre-Luc Michel
École secondaire Gérard-Fillion

Si vivre une enfance mouvementée signifie entre autres choses changer d’école jusqu’à neuf fois en une année, compiler 180 périodes d’absence sans que personne s’en soucie et être abonné aux mauvais coups, alors Pierre-Luc Michel peut qualifier son enfance de mouvementée. Ayant reçu très jeune le diagnostic d’un déficit d’attention majeur nécessitant une médication, il était le candidat idéal pour un décrochage rapide. Mais le sport l’a sauvé. À l’école comme à l’extérieur de celle-ci, il s’est évadé par les sports de combat, ce qui lui a donné la motivation pour réussir son secondaire. Aujourd’hui éducateur spécialisé à l’École secondaire Gérard-Fillion et fier d’une stabilité chèrement acquise, il utilise les sports pour créer des liens et donner au suivant.

« En première année du primaire, j’ai coupé les cheveux de la petite fille assise devant moi, simplement pour le plaisir. Quand j’ai commencé ma médication, c’est là que j’ai pris conscience que le prof devant moi nous parlait. »

« Au secondaire, ce n’était pas mieux. Je fréquentais l’école sur une base… disons volontaire, jusqu’à ce que je me mette à faire des sports, en 3e année. Là, tout a changé. Au même moment, j’ai eu la chance de rencontrer un entraîneur de boxe qui a eu confiance en moi. Jamais je n’ai eu à payer les frais d’inscription, et j’en ai fait pendant plusieurs années. Il me disait souvent : “T’en fais pas, un jour tu vas rapporter.” C’est comme ça que je m’en suis sorti », explique Pierre-Luc Michel.

La route a néanmoins été longue et cahoteuse. Une fois son diplôme en poche, Pierre-Luc rêvait à la suite, mais la réalité l’a rattrapé. « Devenir père à 17 ans, ça change les plans. J’ai dû mettre de côté mes études collégiales. »

L’adolescent qu’il était s’est alors mis en quête d’un travail pour faire vivre sa jeune famille. Comme il le dit, il a eu « la chance » de commencer comme ouvrier d’entretien dans une école de la commission scolaire. Son ardeur et son ambition ont été remarquées et il a rapidement gravi les échelons. On lui confiait de plus en plus de tâches connexes : surveillant d’élèves, préposé à la location de salles, collaborateur à l’aide aux devoirs, entre autres. Puis, avec les encouragements d’un directeur, il a pu retourner sur les bancs d’école et obtenir, en 2008, son diplôme d’éducateur spécialisé.

Depuis ce temps, sa priorité est de redonner ce qu’il a reçu. Comme le sport a été sa planche de salut, il en a fait son principal outil d’intervention. C’est ainsi qu’il en est venu à mettre sur pied, dans une autre école, une activité parascolaire de techniques de combat. Les élèves étaient libres de s’y inscrire, mais bon nombre des participants s’y trouvaient par l’intervention de Pierre-Luc.

« Quand je faisais des interventions et que je détectais un haut niveau d’agressivité chez des jeunes, je les invitais à se joindre au projet. La plupart y ont pris goût. Ce sont souvent des jeunes qui accumulent beaucoup de frustration, et ils l’expriment par la violence verbale ou physique. Quand ils se retrouvent dans une arène de combat, ils vident leur énergie et pensent à autre chose. Après coup, on peut prendre le temps de parler calmement et ils finissent par s’ouvrir. C’est exactement ce que j’ai vécu », raconte-t-il.

À Gérard-Fillion, il a reproduit le même modèle l’an dernier en implantant une activité de lutte olympique. « Le cours se termine à 16 h 15 et je sors rarement de la salle avant 17 h, car mes jeunes ont besoin de parler. Malheureusement, l’activité a lieu seulement une fois par semaine. J’espère pouvoir augmenter le rythme. »

Il y a quelques années, constatant que les élèves en adaptation scolaire étaient trop souvent isolés et trop peu considérés comme des membres à part entière de l’école, Pierre-Luc a créé une ligue de ballon-chasseur. Seuls les élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage ou comportementales, ou encore ayant une déficience intellectuelle ou des troubles de santé mentale, peuvent y prendre part. Le projet a pris une telle ampleur que 160 élèves y participent au sein de l’école sur une base hebdomadaire et qu’une fois par année, un vaste tournoi réunit des équipes des différentes écoles secondaires de la commission scolaire. Un véritable succès qui crée un fort sentiment de fierté chez une clientèle souvent laissée pour compte dans les activités sportives.

« Il y a deux ans, j’ai revu l’entraîneur de boxe qui avait cru en moi lorsque j’étais ado. Je lui ai expliqué ce que je faisais et le temps que je mettais pour les jeunes à l’école. Puis il m’a dit : “Je t’ai toujours dit qu’un jour tu allais rapporter. Je savais juste pas que ce serait comme ça et à ce point!” »



Pierre-Luc Michel
École secondaire Gérard-Fillion



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