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2013
AVENIR ÉLÈVE PERSÉVÉRANT
Alexandre Brochu

École de l'Achigan






 
Alexandre Brochu

AVENIR ÉLÈVE PERSÉVÉRANT



Alexandre Brochu
École de l'Achigan

À 5 ans, lorsqu’Alexandre Brochu est entré à l’école, il était pratiquement muet. Atteint d’une dysphasie sévère, le moindre apprentissage était pour lui un obstacle insurmontable. Avec le soutien de ses parents, il a mené de nombreuses luttes qui lui permettent aujourd’hui d’aspirer à une vie captivante et remplie. Ce jeune homme de 17 ans poursuit ses études et envisage l’avenir en gardant la tête droite, tout en nourrissant des rêves. Si Alexandre a prouvé quelque chose à la face du monde, c’est bien qu’il n’avait pas peur de relever ses manches!

Alors qu’Alexandre venait de terminer sa maternelle, une expérience qui a été ardue, l’école a convoqué ses parents. La rentrée avait lieu dans deux jours, mais on leur a annoncé qu’on refusait de prendre Alexandre à temps plein en première année et on a proposé qu’il reste à la maison les après-midis.

La mère d’Alexandre s’y est objecté fortement! C’est finalement dans une école de langage qu’il est entré. Grâce au soutien des spécialistes, Alexandre a appris à s’exprimer et a résorbé sa colère. « J’ai eu peur pendant longtemps que l’étiquette ″handicapé″ soit collée sur le front de mon fils », avoue sa mère. Treize ans plus tard, Alexandre regarde les choses froidement. « J’ai un handicap. Ça ne me dérange pas de le dire. Mais je ne veux pas que ça m’arrête. »

Alexandre a traversé ses années scolaires malgré un diagnostic imposant : dysphasie sévère touchant les différents types de mémoire, la compréhension, la résolution de problèmes ainsi que l’accès à l’abstraction, en plus d’une dyslexie-dysorthographique. Ses premiers apprentissages scolaires ont révélé un important retard de plus de deux ans sur le niveau attendu.

Jean-Guy Bouchard, enseignant à l’école secondaire de l’Achigan et tuteur de stage du jeune homme, observe combien il est difficile pour un élève de se faire accepter lorsqu’on ne peut pas communiquer normalement. « Son langage télégraphique, sans utilisation des pronoms, n’était rien pour faciliter ses relations avec les autres! Mais il a surmonté tout cela! » La preuve, à l’établissement qu’il a fréquenté après l’école de langage, il a reçu un méritas. « C’est un élève très impliqué et intéressé par tout, note M. Bouchard. Il est toujours à l’affût. » Alexandre, qui attribue à son tuteur une grande partie de sa réussite, comprend qu’il doit travailler plus fort que les autres. « Mais quand on fait ce qu’on aime, on ne compte pas les heures. »

Alexandre semble avoir trouvé ce qu’il aime. En cheminement particulier à son école secondaire, il s’est impliqué à la coopérative Le Bedon Rond, qui offre des services de traiteur. Ça allait si bien qu’on lui a rapidement offert d’accéder au programme Formation préparatoire au travail, ce qui lui a permis de faire un stage d’un mois dans une usine de moulures de bois. Il n’appréciait pas le travail à la chaîne, mais a vite découvert qu’il aimait l’esprit d’équipe.

C’est finalement en préparant un party de Noël que la passion d’Alexandre pour la cuisine s’est confirmée. Son cousin, chef cuisinier à Montréal, lui a demandé son aide pour préparer un repas familial. Pour Alexandre, ça a été le coup de foudre! Il a ensuite fait un stage dans un restaurant, qui l’a employé par la suite, puis dans une chocolaterie. « Ce que je trouve le plus difficile, c’est d’oublier les choses. C’est comme un trou dans ma mémoire. Ça fait partie de mon trouble d’apprentissage. » Mais loin de se laisser démonter, il a trouvé des méthodes pour bien fonctionner. « Je fais des listes et je ne m’en sépare jamais. Quand je cuisine, je sais que je fais du bien aux gens! »

Dans ses temps libres, il est le chef cuisinier attitré de sa famille. « Parfois, j’arrive de travailler et le souper est prêt », note sa mère. « J’aime cuisiner avec ma grand-mère Rita, avec qui j’échange des recettes et des méthodes. J’aime aussi le faire avec mon père », note Alexandre, qui trouve sa mère « un peu lente » depuis qu’il a développé de la méthode et pris de l’expérience! « Ma mère est à la base de mon succès. Si j’y arrive, c’est d’abord parce qu’elle ne m’a jamais abandonné. »

Heureux comme un roi, Alexandre termine sa formation préparatoire au travail avec réussite et avoue qu’il ne manque presque rien à son bonheur. Presque… « J’aimerais beaucoup entendre les encouragements de mon frère Olivier, 15 ans, et de ma sœur Julie, 16 ans. Ils sont importants pour moi et j’aimerais savoir qu’ils sont fiers de moi. Ça me manque un peu. »

Alexandre Brochu rêve d’avoir un jour sa propre pâtisserie, un domaine qui lui permet de donner lieu à sa créativité et à son sens de l’esthétisme. « Quand c’est beau, ça goûte meilleur », ajoute-t-il.



Alexandre Brochu
École de l'Achigan


Finaliste dans la catégorie AVENIR Élève persévérant


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